27 km depuis la NW à Saint-Clair et tentative vers Les Mureaux

Le 8 avril en me levant, je constate que le temps est encore une fois affreux, mouillé, venté, et pourtant la météo de la veille annonçait une belle traîne…
Décidés à mettre le nez dehors, avec François nous partons quand même sur la pente N/O, surprise est de constater qu'il fait meilleur dans le Vexin, et que le vent finalement est là sans excès.
2 fusibles nous indiquent qu'il vaut mieux attendre l'accalmie après le passage de ce nuage bien gris qui tire.
Enfin je me décide à chausser ma sellette et me mettre en l'air, le 'psy' est à gauche, je vais donc aller sur la droite à contre-courant, en effet le vent rentre un poil Nord. Je vais aller jusqu'au bout du site là où la crête s'effondre. Je rencontre effectivement les 2 thermiques habituels, costauds et turbulents de ce coin là.

Au retour, une désagréable sensation est justifiée par le fait que je n'ai aucune pression dans mon frein droit, et en plus ça ne répond pas, je me remets face au vent dans ce thermique, en crabe, en huit je l'escalade, sur 150 m environ pour m'apercevoir que c'est du velu…
Ok je tourne, une fois, deux fois, ça y est le rythme est donné, je monte fort, je trouve le cœur à 4 m/s, je vois les voitures qui arrivent, les ailes au déco, tout devient très petit très vite, et ceci moins de 5 minutes après mon décollage.
Je monte assez droit, décale peu et finalement le perd à 700 m, je n'aurai pas dû serrer cette ventrale autant, je perds en maniabilité et en sensibilité, et je n'arrive pas à l'ouvrir plus à cause du vario… Tant pis, on fera avec.
Je vais rebondir, tourner, flâner jusqu'à Magny que je passe coté droit vent de dos, je commence à être bas, me mets à 150 m/sol en fuite du petit centre commercial.
C'est bien couché, il est là mais me pousse plus qu'il ne me monte, et bien soit, je le suis car j'ai bien vu dans la petite vallée qui suit un champ de terre immense et prometteur.
Je n'ai pas fini de le penser que je rentre dans ma pompe salvatrice, elle est grosse, elle est forte et d'un bloc. Je monte cette fois-ci au plafond, 900 m/sol les barbules, 1000 m la base du nuage, je fuis rapidement la zone pour me mettre coté soleil, en biaisant et en cheminant sur ce coté de la rue.
Je ne veux pas rester là, ça dérive sur Cergy, je réussis à traverser dans le bleu sous quelques nuelles et me retrouve sous une autre rue, qui elle aussi file plus bas que les Mureaux, non décidément, ce n'est pas là-bas que je vais…
Nouvelle tentative d'échappée du gars dans le bleu, cette fois-ci je crabe et ça marche pas si mal sauf que je perds de mon gain, mais mon choix est fait je veux passer avant Meulan cette foutue Seine .
Pendant un moment je vais volontairement passer au-dessus d'une forêt très claire, on voit que le débroussaillage a été fait, le sol est sombre, marron, je m'oriente sur une sorte de crête du bois et attends à 500 m, je zérote, je monte, je perds, 400 m je me dis que ce champ derrière le bois en fer à cheval va le faire, il est beaucoup plus bas, je m'attends à me faire secouer.
Le Yann anxieux, sait que son vol doit passer par-là, et bien entendu je trouve la plus pompe la plus turbulente de mon vol, ce cas de figure est classique, une pompe qui mijote sous le vent. Elle est grosse de par la superficie du champ et qui en plus est sous le vent d'une autre forme d'aérologie.
C'est une turbulence positive qu'il faut alors enrouler au mépris de fermetures des bouts d'ailes et du jeu de balançoire de son aéronef, j'ai les jambes écartées, je tourne et ne me dégonfle pas, mais c'est vrai que ça impressionne.
Passé 600 m, ça va mieux, je commence à anticiper la traversée de la Seine et me souviens d'une phrase, au Mureaux il y a un aérodrome…
Ah bon ! Tout de suite je vois cette grande piste avec des petits avions dessus, aie aie aie, je vais pile dessus et si je sors du thermique c'est la seule vache sous la ville.
Avec regret mais le sentiment de faire une bonne action je quitte la pompe, et remonte ¾ face au vent en retournant vers l'Ouest.
Je perds de l'altitude mais ça avance, je suis au-dessus des derniers champs avant les zones pavillonnaires de Hardricourt, à 400 m je suis encore bien, je peux passer largement en finesse mais le paysage de l'autre coté n'est pas joyeux, des entreprises, la ville des Mureaux sous 'mon' vent… un seul champ de l'autre coté barré par de superbes lignes HT.et encore pas mal d'immeubles.

Ma décision est prise, je ne passe que si je remonte ici-bas, je reviens face au vent, me reprends du thermique, enroule et toujours décale vers la zone qui craint, je remonte alors encore plus loin, retrouve encore une ascendance sympa.
Qui me jette, elle aussi, sur les pavillons sans assez prendre de gain, eh oui en basse couche il y a du vent et en plus ça doit dégueuler un peu, vu que je suis sous le vent d'une colline.
A 200m je me décide à me poser à la limite du raisonnable sur un stade de foot. Il est 15h30.
Encore une fois je sais que je bloque sur ce bord de Seine, mais c'était la première fois que j'avais de si bonnes conditions, que j'étais tôt sur le verrou, et qu'il m'a manqué 300 m pour passer et continuer sur Bouafle…

La solution est de persister à travailler un vol en dérive Nord, de passer la Seine du coté d'Epone, et de tailler vers Beynes, je ne serai pas surpris un jour de poser aux essarts le roi chez François ou devant ma future maison au Perray en Yvelines

C'est mon premier cross en plaine cette année, soit 27 bornes à déclarer.

YANNICK

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