Récit de Fabien

Fabien en marche arrière pendant le décrochage

En 2011, quand je me suis mis au parapente, j’ai commencé par regarder des vidéo sur internet avant mon premier stage. Grosse erreur, Google m’ayant recommandé je ne sais pas pourquoi les compilations les plus gros sketchs en parapente. Depuis lors, j’ai toujours fait preuve, à mon sens, d’un excès de prudence ce qui à pu à certains moment me faire écourter certains vols, ayant un peu peur de certains phénomènes jusque là non expérimentés. Après quelques années, j’ai donc décidé avec le club de me lancer dans mon premier SIV.

Lors du premier jour, nous commençons par une matinée de présentation et d’explications détaillées. Me voilà rassuré. J’ai déjà expérimenté volontairement des fermetures asymétriques, mais le champ d’exploration de ce qui nous attend est encore grand. Seule inquiétude pour moi, lors d’un test de “réflexe” sous portique pour se rendre compte de notre réaction à la chute d’un côté ou de l’autre de la sellette, je compenserais du mauvais côté.

Ensuite, à partir de l’après midi, nous commençons la pratique, je suis 5ème sur 6 à passer, et ce, sur tout le weekend. Le temps de voir les autres, le temps de cogiter aussi. L’ordre des exercices est simple et clair ; par ordre croissant de complexité, la manoeuvre vue en N nous servira pour en cas de difficulté pendant l’exercice vu en N+1. J’écoute et je note scrupuleusement tout ce qui est expliqué, les gestes à effectuer.

Je réalise en arrivant à l’autorotation 2 choses :

- Mon aile à vraiment du mal à partir en autorotation même après une grosse fermeture asymétrique ; il faudra que j’accélère et me jette sur le côté pour qu’elle parte vraiment.
- Maintenir une fermeture asymétrique, ça fait mal aux mains, j’ai du me bricoler des renforts.

C’est le dimanche après midi que les exercices que je redoute le plus arrivent : d’abord le tangage accentué jusqu'à la grosse fermeture et la petite chute ; mais c’est la sensation que j’aurai préféré, ce petit moment d’apesanteur, avec l’impression de sauter d’une balançoire. Et ensuite les 360 face planète. J’avais déjà testé une fois, et j’avais clairement l’impression de ne plus être totalement en possession de mes moyens pour réagir et sortir de là. Avant chaque passage, je me met à l’écart, et en fermant les yeux, je mime la gestuelle pour les 360 sortie dissipée et les 360 sortie chandelle. Je dois vraiment avoir l’air bizarre vu de l’extérieur ! Sur le premier 360, j’ai eu la même sensation que la dernière fois, ne pas réagir comme il le faudrait, et comme on me le dit en radio. En revoyant la vidéo, je me rends compte qu’Hervé me dit “Met un peu de frein à droite” 3 fois, et je ne le fais pas tellement. Mais sur les deux autres tentatives, c’est mieux. Surtout sur celle en chandelle ou je suis désaxé en sortie, j’hérite d’une cravate, pars en autorotation, et m’en sors tout seul. Ca me rassure, mais je sais que je vais devoir pratiquer encore et encore le 360 pour être à l’aise avec.

Enfin, dernière journée, les piles se sont quand même bien vidées, il y a du travail physique et moral à fournir pendant ces quelques jours. Je découvre le décrochage, mais j’ai du mal dans mes premières tentatives à bien garder l’aile ouverte en marche arrière. Il faudrait que je renforce mes bras je pense. Mais je finis par en faire un que je tiens bien, et je m’arrêterai là, pour ne pas tirer trop sur la corde. 

Deux pilotes auront touché l’eau, heureusement pas pour des raisons d’accident de vol, et le séchage de leur matériel m’a permis de faire quelques photo.

Pour la prochaine fois, parce que j’ai envie d’en refaire un l’an prochain, j’ai l'intention de bien avancer dans le 360, pour ne plus l'appréhender, et peut être même arriver à y prendre plaisir. Mais j’irai faire des tours de manège quelques jours avant pour me faire à la centrifugation. Ca se dit centrifugation ?

Séchage du matériel d'un pilote ayant touché l'eau

 

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